Ce qu'il faut d'abord savoir :                          

Sans avoir connaissance des notions suivantes, l'apprentissage approfondi du Virement de bord est problématique. Par contre, si l'on approfondit bien le Virement de bord, on sera probablement amené à approfondir aussi certains d ces points, au cours d'une séquence d'apprentissage sur la conduite d'un bateau ou le réglage des voiles par exemple…

  1. ce qu'est le vent debout
  2. les allures
  3. tenir la barre au près
  4. régler la grand-voile (abréviation = GV) et le foc
  5. distinguer le près serré du près débridé et du près bon plein

C'est seulement alors qu'on peut prendre la mesure de ce qu'il faut acquérir !

I- Le principe de cette manœuvre peut faire l'objet d'une sensibilisation :

A -- Commencer par faire voir et percevoir aux stagiaires

que le virement de bord consiste à rompre volontairement l'équilibre péniblement acquis au près, de gérer un déséquilibre provisoire, le " vent debout ", pour parvenir, dans les plus brefs délais, et en sécurité, à retrouver un nouvel équilibre. On appelle cela " passer le lit du vent " ; le Cours de navigation utilise une métaphore : " sauter un mur " ; on dit encore : " changer d'amure ". La difficulté de la manœuvre réside surtout dans la maîtrise de la trajectoire par le barreur, celle de la gîte par les régleurs de GV et de foc, et enfin la gestion des déplacements. On commence donc par virer grand-voile seule, écoute bloquée, en observant la trajectoire et le comportement du bateau et ses équipiers ; puis on corse l'affaire avec une GV soustoilée et surtoilée. Evidemment, on prie Neptune pour qu'il nous accorde ce jour là un temps moyen.

B -- Il faut dire et montrer par l'exemple :

que le lit du vent

représente un secteur angulaire de 70 à 100 degrés, qui peut varier selon le bateau, selon la force du vent et les courants. Et rappeler que dans ce secteur, le bateau n'avance pas ; il peut même reculer, et revenir à l'amure initiale, car il ne reste pas stable dans ce secteur.

Qu' il faut une certaine vitesse initiale

(ce qu'on appelle " l'erre " du bateau) pour faire passer ce secteur au bateau; il faut le faire tourner sans freiner, sinon on fait un " manque à virer ". on peut le faire en modifiant l'équilibre des voiles (border la GV) et de la carène (lofer à la barre, faire gîter).

Que cette rotation doit être stoppée et l'équilibre doit être rétabli rapidement,

ce qu'on appelle " la relance ", pour éviter d'abattre exagérément et de se retrouver au travers . Mais qu'il ne faut pas reborder trop tôt après le passage du lit du vent, pour éviter un coup de gîte… Et de freinage !
Pour cela, on continuera la séance par des virements de bord avec un GV soustoilée, puis surtoilée. Cela nous permettra de se rendre compte des deux marques d'échec : le manque à virer, le virement jusqu'au travers sous l'autre amure.

II- Puis, un topo introductif peut établir (ou rappeler) certains points de base :

les étapes de la manœuvre doivent être décomposées :

  1. venir au près : équilibre et vitesse. Rappeler la différence de réglage et de tenue de barre entre le près serré, le près bon plein et le près débridé.
  2. amorcer la rotation du bateau en modifiant l'équilibre qu'on vient d'acquérir par une auloffée délibérée
  3. changer les voiles d'amure
  4. stopper la rotation du bateau
  5. rétablir un nouvel équilibre sur l'autre amure

Par une chronologie sommaireon peut ensuite fixer l'expérience acquise des stagiaires, qui pourra être corrigée et complétée au bilan de la séance. Il ne faut pas la faire d'avance : le mieux serait que ce soient les stagiaires qui la fassent, ce qui nous permet d'avoir une idée de leur niveau, et ce qui leur permet de commencer déjà à travailler en équipage (pour les débutants, on peut leur faire systématiser ce qu'ils ont vu en sensibilisation). Il est bon de noter cela par écrit sur un tableau, sur lequel on reviendra au cours du bilan

 

 

Mais le moniteur n'est pas seulement réceptif. Il doit aussi apporter en contribution le résultat de son observation de la période de sensibilisation, s'il a fait un test, ou même seulement s'il a repéré des problèmes en voyant comment manoeuvraient les équipiers lors des premiers bords. Pour juger correctement de ce qu'il a vu, le moniteur doit avoir à l'esprit un certain nombre de repères d'observation des gestes et comportements des stagiaires et du bateau. Ci-joint, une liste (non exaustive) de ce qu'on appelle communément les "critères de réussite" d'un virement de bord au près

 

 

 

on décrit enfin le périmètre et les exercices prévus pour la séance.

 

Ce peut être un chenal à embouquer ou un cap à doubler, ou encore une bouée à atteindre au vent. Il est bon d'avoir un objectif visuel. On peut virer sans toucher la GV, sans se servir des winches, sous GV seule, et même sans toucher à la barre. Ces différents exercices servent à prendre conscience de l'importance respective des différents éléments du bateau. On peut virer dans un plan d'eau abrité, puis dans une mer formée, en observant l'effet de la vague et du vent plus ou moins fort. On peut enfin aller virer contre le courant. Ces derniers exercices permettent d'affiner le sens marin et la maîtrise des repères sur l'eau.

 

Comme on voit, les exercices peuvent être très variés. Il faut tout de même les adapter aux stagiaires. C'est pourquoi on propose d'abord de faire des virements simples, puis un bilan rapide sur l'eau, et ensuite de faire des exercices adaptés aux difficultés rencontrées.