Introduction
Il y a rarement des situations dramatiques, mais toujours des situations
stressantes, dues à l’anxiété devant l’inconnu. C'est le cas pour les entrées
(et les sorties) de port.
Les ports sont conçus toujours selon les mêmes principes de base, mais il n’y en a pas deux qui soient pareils : chacun pose un problème particulier. Une manœuvre de port, c’est un problème à résoudre à chaque fois, et à chaque fois la solution diffère des précédentes.
Il faut faire preuve de savoir faire dans tous les domaines : navigation, matelotage, manœuvre à la voile et au moteur. Une entrée ou une sortie de port impeccable, c’est un test.
Il faut une bonne coordination à tous les postes. Une bonne information, une bonne communication, une bonne synchronisation … et un bon commandement qui suive les deux règles fondamentales : anticiper et déléguer.
Une manœuvre de port est réussie quand le bateau est amarré à quai, le pont clair, le livre de bord complété et clos, sans dommage ni coups de gueule. Mais pour y parvenir, il faut mobiliser des compétences très variées. Un tableau des critères de réussite de cette manœuvre en donne une idée.
Les éléments théoriques renvoient presque toujours aux chapitres navigation,
conduite et manœuvre ; les exercices aussi pour l’assimilation des repères et de
la chronologie des gestes. Chaque port est une situation particulière: il n'y a
donc pas de recettes à faire savoir. Ce qu'il faut enseigner, c'est la démarche
suivante : après la préparation, longuement méditée, après le tour d’honneur, on
ressort et on s’entraîne en eau libre à faire face à la situation observée et à
réaliser sans accroc la manœuvre décidée.
L'entrée de chaque port, en elle même, est un exercice d'école complet. Avant de
s'y engager, il faudra se faire une idée de ce qu'elle pourra nous apprendre.
Cependant, une entrée de port peut échouer, et, même si les conséquences sont
rarement graves, elles sont toujours fâcheuses, depuis l'éraflure du gel coat
jusqu'à la blessure corporelle d'un équipier.
Aussi, il me semble peu approprié de proposer d'engager une telle manœuvre puis,
en analysant les échecs, de chercher des remèdes, comme on le ferait pour un
manque à virer ou un spi qui se met en coquetier au hissage. Il n'est pas
supportable d'envisager d'emboutir un quai avec sérénité en se disant : "pas
grave ! on est en école !" Par ailleurs, je ne connais aucun capitaine de port
qui accepterait d'accueillir des manœuvres dont les résultats seraient si …
aléatoires ! Il faut s'y prendre autrement.
Pour moi, deux solutions sont possibles. D'ailleurs, on peut les combiner. Voici
comment :
Le chef de bord - moniteur doit d'abord choisir une escale dont les difficultés de manœuvre sont à la portée de l'équipage. Dans ce dossier sont présentées les manœuvres par ordre de difficulté croissante, dans la mesure où elles accumulent et combinent des problèmes de plus en plus complexes. Ce sont :
Le dernier principe est celui qui concerne l'encadrant : Il faut enseigner ces
principes en commençant par les respecter soi-même !