La survie dynamique:
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Concept:
La principale sauvegarde d'un navire restera toujours l'excellente préparation du bateau mené par un équipage bien rodé...
Mais les éléments ne sont pas entièrement contrôlables, la malchance peut s'en mêler et on peut être amené à quitter son bateau:
Quel cauchemar: Pour une raison X (abordage, voie d'eau, incendie, tempête... ) on doit abandonner le voilier qui est en train de couler. Il ne reste alors qu'un seul objectif: sauver sa peau.
Le radeau de survie obligatoire:
Sur tous les voiliers il y a obligatoirement un radeau de survie autogonfable. Ce radeau ne sait pas naviguer, il est fait pour rester sur place maintenu par son ancre flottante en attendant les secours. Cela se justifie quand un cargo, un paquebot, un avion ou un bateau de plaisance près des côtes (à portée de VHF) est en perdition. Dans ces cas là, on a pu signaler la position du naufrage par radio et il faut attendre les secours sans trop dériver.
A mon sens, n'avoir que cela, ce n'est pas compatible avec un voilier hauturier qui ne peut pas forcément communiquer et dont personne ne connaît la position exacte dans l'immensité de l'océan.
La balise de détresse:
Bien sur il y a la balise de détresse qui peut signaler la position du naufrage et alerter les secours. Mais elle peut être en panne, on peut la perdre dans la tourmente, on peut tout simplement ne plus savoir ou elle est dans la panique d'un moment qui ne doit jamais arrivé.
Dans l'avant dernier Vendée Globe, comme dans de nombreuses grandes courses, des solitaires disparaissent sans aucune trace malgré leur équipement obligatoire. Pourquoi la balise de ces marins professionnels n'a t'elle pas fonctionnée?
Si les balises ont prouvé leur efficacité, on ne peut pas remettre sa vie uniquement à une machine qui n'est pas fiable à cent pour cent (quelle qu'en soit la raison).
La ceinture et les bretelles:
Se retrouver dans un radeau de survie classique (parce que l'on a que celui la), dérivant sans but au milieu de l'océan. Être ballotté au gré du vent et des courants sans attendre de secours extérieur (parce que l'on a pas eu la possibilité de prévenir du drame). Sans compter qu'il y a des zones difficiles ou situées à de trop grandes distances pour qu'on puisse être secourus facilement. Voir ses maigres rations diminuer et ses compagnons d'infortune épuiser peu à peu leur forces...
C'est la grande hantise des marins.
Il faut donc préparer l'équipage à l'éventualité de devoir quitter le voilier, de vouloir survivre plusieurs semaines dans des conditions précaires, de savoir naviguer avec des moyens rustiques pour atteindre par soi même une côte salvatrice. Car rien n'est jamais perdu, des expériences de survie exemplaires démontrent que l'on peut se sortir de situations apparemment désespérées.
Mais pour cela, il faut s'être préparé sérieusement à cette éventualité:
En plus des bretelles (les équipements cités ci dessus, je grée une bonne ceinture pour tenir mon pantalon:
Je suis donc un réel partisan de la survie dynamique:Dynamique car on y a réfléchi sérieusement avant le départ.
Dynamique car on a préparé nous même tout l'équipement qui va nous permettre de nous en sortir seul.
Dynamique car, naufragés, nous lutterons à bord d'un canot à voile qui navigue, nous choisirons notre route, nous rejoindrons nous même la côte ou les voies maritimes fréquentées (aujourd'hui, le GPS portable facilite grandement les choses).
Dynamique car nous gérerons nos ressources et nos forces en toute connaissance.
S'y préparer: C'est idéal pour le mental et pour l'efficacité.
Sur BANIK nous avons beaucoup réfléchi à ce risque (sans doute qu'une mauvaise expérience rend plus sensible à la chose). Le fait d'être prêt à cette éventualité du naufrage, d'être assuré que chacun connaît son rôle, que dans le pire des cas nous serons le mieux armé possible pour résister et nous en sortir, nous rend plus sereins par rapport à cette catastrophe et évite de se gâcher la traversée avec de sombres idées mal refoulées.
Anik et Nathalie n'aiment pas trop que l'on parle de ça avant un départ mais tout skipper qui se respecte doit organiser la chose et expliquer à chaque membre de l'équipage le rôle personnel qu'il aura à jouer. On définit donc les taches de chacun au cas ou il faudrait abandonner le navire:
Avant tout grand départ:
Nathalie range un coffre de sa cabine pour y placer à portée de main, les gilets de sauvetage (ou les vestes de quart flottante). En effet c'est elle qui est chargée de les apporter à chacun... Il est important d'enfiler un vêtement flottant pendant le naufrage. Des circonstances peuvent faire que l'on tombe à l'eau, que l'on s'éloigne des autres, que l'on soit blessé, que l'on s'épuise vite à cause des manœuvres urgentes ou du stress, Dans le mauvais temps le canot peut se retourner une nième fois nous projetant sans force à la mer...
Anik vérifie et remplace les rations de survie dans le suiveur. Elle place également un sac prêt à être rempli dans sa cuisine...
Gibé vérifie le gréement de l'annexe à voile et le plein des bidons d'eau...
Je repère les caractéristiques de navigation de la zone traversée et prépare un petit mémo avec les waypoint importants...Au moment d'un naufrage: A l'ordre: "ON QUITTE LE BATEAU":
Chacun enfile son gilet de sauvetage quand Nathalie nous l'apporte. Gibé et moi, on met à l'eau: les annexes, le suiveur, le gros tube en PVC, les jerrycans d'eau. Nathalie rassemble les objets de la table à carte dans un sac étanche et sort dans le cockpit. Anik rassemble le maximum de nourriture de la cuisine dans un sac et sort dans le cockpit. En moins de trois minutes nous pouvons être en situation de survie dynamique dans nos annexes.
Cela réclame un minimum de réflexion, de préparation et d'équipement:
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