A lire le témoignage de Davy :

Juste pour rappeler que la voile c’est avant tout du plaisir et des émotions.

Mais aussi du savoir faire.

Relevé des données GPS sur carte papier.

Présentation de la mini croisière, ses attendus, ses objectifs.

Début le lundi 25 Février : réunion des membres de l’équipage, présentations, briefing météo et choix de la destination. Les prévisions d’un vent plutôt mou amènent à deux hypothèses. Partir à l’est vers Marseille en navigation côtière. Partir sur l’Espagne pour une traversée du Golfe du Lion en droite ligne entre la Grande Motte et Puerto de la Selva. C’est l’option navigation semi hauturière qui l’a emportée. 80 milles en route directe à l’aller et autant au retour bien sûr. Avec un départ en début d’après midi le programme des 3 jours est simple, 16 à 18 heures de nav avec une nuit entière et arrivée au petit matin. Le mardi pour découvrir quelques points de chute agréables puis départ en soirée pour de nouveau une nuit entière de navigation et arrivée à la Grande motte en fin d’après midi.

Soit exactement ce que les stagiaires souhaitaient.

Un peu d’avitaillement, composition des bordées plutôt simple puisque nous sommes 6, se sera trois et trois avec des quarts de 3 heures (jour et nuit ce qui permet d’appliquer le principe de la « bannette chaude » les cabines étant occupées alternativement) repas et long briefing sécurité en insistant sur la manoeuvre d’homme à la mer.
Enfin le moment du départ. Petit Sud ouest qui ne nous permet pas de faire plus que du 180 ° mais nous autorise une nav à la voile….. pour le moment.
A partir de maintenant ça déroule en mode confort et bonheur.
Coucher de soleil, petit apéro, repas , la bordée de quart veille de 20 h00 à 23h00, l’autre bordée fait ce qui lui plait mais devra assurer de 2 à 5 heure du matin. Cadeau d’Éole, le vent adonne et nous filons au près bon plein en route directe, vitesse 6.5 nds. Autant dire INESPÉRÉ, le top du top, mieux c’est pas possible. Quelques coups de mou ( je parle du vent, pas de l’équipage..) nous obligent à un peu de moteur, mais c’est sous voiles que nous arrivons au petit matin en vue de Puerto de la Selva.

Deux navigateurs qui sourient
Sourires matinaux après la première nuit de nav. L’objectif est en vue.

 

Plusieurs marins sur leur bateau au port

Marina quasiment déserte, et pas trop envie d’y rester



Petit déjeuner, douches, quelques courses et nous voilà repartis pour un mouillage à 7/8 milles de là juste à côté de Cabo de Créus. Le lieu se nomme Cala Culip.Seuls au monde, il fallait s’en douter un 28 Février. Mouillage dans 10 mètres d’eau, vent à peu près nul, seuls quelques goélands viennent troubler la sérénité du lieu.

Malgré quelques paris encourageants, personne ne se risque à la baignade. Déjeuner, détente, réflexion sur le retour, et oui déjà !

Paysage marin

Cala CULIP CABO DE CRÉUS

Cala CULIP CABO DE CRÉUS

 

Nous décidons d’aller vers Port Vendres, pour se faire un petit restau, avant d’affronter la deuxième nuit entière de navigation.

Trace AIS Arrivée depuis la Grande Motte à Puerto de la Selva , route vers cala Culip, puis route vers Port Vendres.

Quelques dizaines de milles, effectués au moteur, car conformément aux prévisions météo c’est quasi pétole pour ce Mardi 28.

Il est à peu près 22h00 quand nous regagnons Julia. Préparatifs rapides et départ prévu dans 10 mn.
Seule ombre au tableau l’écran de la cartographie électronique reste désespérément éteint.
Rien de bien grave en fait, le GPS de nos portables fonctionne nous allons donc pouvoir vérifier la navigation effectuée comme « au bon vieux temps » c'est-à-dire à l’estime. Nous avons besoin de la
vitesse sur l’eau donnée par le loch, du cap suivi, donné par le compas magnétique, de la direction et de la force du vent. Bonne révision pour ceux qui sont en train de passer le permis hauturier. Et nous voilà partis.

Tenue du livre de bord. TRES, TRES IMPORTANT

 

Tout sourire malgré les soucis techniques.

Tout se passe pour le mieux et au petit matin nous somme en vue du cap d’Agde, à peu près où nous avions estimé notre position.
Il reste une trentaine de milles à couvrir pour la Grande Motte, il est tôt encore et nous décidons de faire un stop à Sète histoire de travailler encore et toujours les manoeuvres de port. L’équipage en profite pour « remplir son sac » J’aime bien cette expression qui signifie en gros : accumuler du vécu, des informations, de l’expérience.

La fin du voyage se présente sous un petit Sud Ouest, quoi de mieux pour faire un long speach sur les voiles de portant, spinnaker symétrique ou asymétrique et autres gennakers.

Trois journées et... deux nuits bien remplies, tout le monde est un peu nase mais affiche un bel enthousiasme au moment du débriefing. Chacun a trouvé, dans ce contexte plutôt intensif, ses
marques et son mode de fonctionnement, chacun a su respecter les valeurs des « autres » et une véritable complicité est née de cette expérience commune.

Mission accomplie pour moi aussi.

Spinnaker symétrique

 

« JULIA » sous l’oeil bienveillant de la Grande Pyramide