ANNIVERSAIRE EN MER AVEC VOILES D’OC

Où, comment adapter ses navigations aux conditions météo

Mai 2018 c’était l’anniversaire de Sébastien.

Ses proches ont décidé de lui offrir un stage de voile en Méditerranée.

Voiles d’Oc école de Croisière, est choisit pour organiser cette formation.

4 personnes venues de Grenoble, des niveaux différents mais toutes avec une grosse envie de naviguer.

  Une fois n’est pas coutume, la réception des stagiaires et l’avitaillement se feront à Marseille Vieux Port. Les 4 petits jours dédiés à cette croisière vont passer vite, autant être au plus près des centres d’intérêt. Départ au matin pour une première navigation plutôt zen, avec peu de vent.

C’est le top pour l’amarinage des «  montagnards »

Au programme la magnifique rade de Marseille, le Château d’If, les îles du Frioul, puis celles du Riou,

les calanques de Cassis puis mouillage pour le déjeuner.

Mais aussi travail de cartographie et de traçage de route, réglage des voiles et conduite près et portant.

Stéphane le néophyte fait ses premières armes à la barre de « Julia »

 

Météo encore, météo toujours !!!!!

L’objectif est le port des Embiez point de départ éventuel pour les Iles d’Hyères.

Un travail sur la Météo nous confirme qu’il se prépare une de ces fameuses « Mistralade »

Logique le temps va commence à se voiler et le baromètre amorcera une descente de mauvais augure.

Classique en Méditerranée, le passage d’une dépression plus au nord génère le creusement de la célèbre « dépression du Golfe de Gènes »

 Les dépressions tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le flux descend ainsi la Vallée du Rhône canalisé par les Alpes et le Massif Central. L’accélération dans le goulet donne notre fameux Mistral. Plus à l’ouest le même flux canalisé cette fois ci par les Pyrénées donnera naissance à la non moins célèbre Tramontane.

Cette analyse met fin à l’hypothèse d’une escapade du côté des Iles d’Hyères.

 

Regardez bien cette image. Quand on est face au vent la dépression (D) est à droite

et l’anticyclone ( A) à gauche.

En effet aller vers l’Est ne présente aucune difficulté, par contre le retour vers l’Ouest avec un fort Mistral sera très, très compliqué, et très désagréable, notamment pour le passage du redoutable Cap Sicié. Au vu de la pluie et du mauvais temps du lendemain, mais aussi et surtout au vu des dégâts sur le moral des troupes, généré par le « mal de mer » je propose à l’équipage de faire un jour d’escale à terre. Le lieu choisit sera La Ciotat.

 

 

 

Dernier jour de notre croisière, ce soir il faut être à Marseille.

La météo, une fois de plus est juste. Nous aurons nos 30 nœuds de Nord Ouest dans le nez.

La baston, avec ce type de vent est parfaitement jouable même avec des non confirmés.

 

Dans la plus grande partie de ce retour mouvementé, nous aurons du vent venant de terre.

Cela veut dire que la mer sera maniable, les vagues ne pouvant pas devenir vraiment grosses, 1.5 m pas plus, mais les claques à l’aplomb des reliefs, seront violentes 35 à 40 nds.

 

Le moment délicat sera l’arriver vers l’Ile Maire au sud de Marseille. Là les vagues viendront de l’Ouest et n’auront pas d’obstacle pour se développer. Il faut s’attendre à des vagues de 3 à 3.5 mètres.

 

Banco nous voilà partis et le scénario est conforme aux prévisions. 1 puis 2 puis 3 ris, voile d’avant à peine roulée, Julia étale crânement dans la tourmente. Tirer des bords au plus près de la côte dans les rafales, on sait faire chez Voiles d’Oc, le Solent autovireur fait merveille dans ces cas là.

Quasiment la totalité des équipiers est aux anges, ils voulaient de l’émotion et des sensations, les voilà largement servis. De leur propre aveu, ils ne sont pas prêt d’oublier ces quelques heures magiques.

 

Barrer avec 30° de gite dans la mer démontée, demande une bonne maîtrise de la conduite « au près ». Sur la vidéo ci-dessous une belle démonstration de Fabien qui gère à merveilles

les coups de boutoir du Mistral. Bravo à lui, et bravo à tous.

 

   

 

Une pensée particulière pour Stéphane qui à galéré des heures durant contre son fichu mal de mer.

Il a été héroïque et a souffert en silence, mais foi de marin je n’ai jamais vu quelqu’un descendre aussi rapidement du bateau, une fois dans le port bien sûr. M’étonnerai qu’on l’y reprenne.