Pas la meilleure période pour faire une croisière en Méditerranée ?

 

Et pourtant …. Voiles d’Oc l’école de croisière de la Grande Motte et son Moniteur Hervé sont toujours à l’affût des demandes des stagiaires.

La pression était forte depuis un certain temps et quand j’ai proposé de partir de la Grande Motte vers les Iles d’Hyères en passant par Marseille, le stage c’est vite rempli.

L’objectif, outre le plaisir de naviguer sur JULIA, était de faire DES NAVIGATIONS DE NUIT. Il est clair (si l’on peut dire en parlant de la nuit) que ce domaine de la navigation de plaisance sur habitable est un des éléments les plus perturbants pour les futurs marins. Mais le rôle d’une école de voile comme Voiles d’Oc n’est-il pas de démystifier l’inconnu et de montrer que les « angoisses » nichées dans chacun de nous peuvent êtres affrontées.

Pour Voiles d’Oc j’utilise beaucoup le concept des navigations par escales. En effet chaque équipier à quelques jours devant lui mais pas nécessairement suffisamment pour l’intégralité de la croisière. C’est donc ainsi que nous sommes partis de notre port d’attache Héraultais pour une première navigation vers Marseille. Départ  en milieu d’après midi pour une arrivée estimée à 4 heures du matin. A bord, Isabelle, Alexandre et Saïd. Très peu de vent pour cette traversée et arrivée dans les temps prévus au Vieux Port. L’aspect cartographique était le thème de cette nav de nuit, prise des amers au compas, retranscription sur la carte puis comparaison avec la cartographie électronique.

Re-découverte d'un port

Petite nuit de sommeil donc et dès la fin de matinée, Benoît et Louis son fiston embarquent à leur tour pour l’étape suivante qu’est La Ciotat .  Ce petit port typiquement méditerranéen est habituellement une merveille d’authenticité avec ses cafés et restaurants au bord des quais.

Dommage donc que des gigantesques travaux de terrassement aient rendus la ville quasiment impraticable. Qu’importe le parcours était parsemé de forts agréables moments, notamment ce mouillage aux îles du Riou, avec baignade, oui, oui, vous avez bien lu. Pas très chaude mais quel bonheur de voir Louis s’éclater à plonger. Pas trop dans les habitudes de Voiles d’Oc d’embarquer des jeunes enfants. Non par peur du risque mais la conduite d’un bateau comme Julia avec ses 11 mètres et ses 7.5 tonnes requiert une force physique que n’ont généralement pas les enfants. 12 ans est un âge qui permet de bien les intégrer dans un stage et ils profitent bien sûr des cours dispensés aux adultes. École de Voile, école de vie, puisque chez Voiles d’Oc la croisière est sans concession, préparation des repas, cuisine, vaisselle, ménage et promiscuité pour dormir. Il est d’ailleurs merveilleux de voir comment ces différentes personnes qui ne s’étaient jamais vues auparavant, cohabitent avec bonheur. Louis a donc travaillé sur les réglages de voiles, jeté un œil aux cartes marines et c’est régalé de barrer et de faire l’entrée à la Ciotat. Il était très fier et loin d’être le dernier à donner son avis.

Départ le lendemain pour une belle étape vers Saint Mandrier et Toulon. C’est là que Isa, Alex, Benoît et Louis descendent et que doivent monter, Martine et Olivier. Super journée car le vent est au rendez vous et en plus il est dans le bon sens. Un voilier sans vent c’est bien moins rigolo que quand Éole joue avec nous. Leçons de conduite au portant et tangonnage de voile d’avant sont au programme. Les équipiers ont la « banane » comme on dit, le fait de se sentir en parfaite sécurité, car entourés par leur moniteur, débride les envies et laisse monter la confiance. L’école de voile prend toute sa signification car on est plus en simulation mais dans la vraie vie et Voiles d’Oc adore ça.

 

Le changement de notre équipage

Changement d’équipage donc et départ dans la foulée pour la Presqu’île de Giens et l’île de Porquerolles. Que du bonheur donc comme en témoigne la vidéo annexée.

La mer commence à se former et des vagues de 1.5 m secouent un peu Julia qui file ses 8 nœuds sous grand voile arrisée et solent. La nuit ne tarde pas à tomber et la traversée de la Grande Passe est mouvementée, Puis le calme pour accoster à Porquerolles où nous trouvons place et accueil chaleureux même à 21 heures . Bien contents d’être au port d’ailleurs car dans la nuit un fort coup de vent vient troubler la sérénité du lieu.

Départ tôt le matin suivant, nous avons une longue navigation jusqu’à Marseille car c’est là que Martine et Olivier finissent leur croisière. L’arrivée à 2 heures du matin au vieux port enchante Martine qui retrouve sa ville natale et sa « bonne mère » De son propre aveu c’était un des rêves de sa vie et Voiles d’Oc est super heureux de lui avoir fait ce cadeau ( voir son témoignage).

C’était donc la 3em navigation de nuit. Identification des feux de route des autres navires, des phares et de leurs différentes fréquences, mais aussi des cardinales, repérages sur les cartes et cartographie électronique, pas de quoi s’ennuyer. Nous touchons là les domaines de formation pas souvent abordés en école de croisière, mouillages, prises de corps morts, manœuvres de port, Hervé AIMÉ apporte bien sûr l’enseignement de la théorie, mais surtout l’application immédiate des connaissances dans des situations «  de tous les jours » Je suis toujours stupéfait de l’efficacité de la méthode. La répétition amène les automatismes et les routines qui sont le quotidien des marins.

Le temps de rentrer

Voila maintenant qu’il faut rentrer au port d’attache. La méditerranée nous aura encore offert des moments magiques très largement mis en valeur par l’effet « hors saison » qui nous garanti une tranquillité au centuple de ce que l’on peut trouver en été. Un coup de vent est prévu entre le Golfe de Fos et La Pointe de l’Espiguette. Tous les équipiers ont quitté le bord sauf le fidèle Saïd décidément insatiable. Je lui laisse le soin d’organiser et gérer la navigation et vais me reposer pour affronter le coup de Mistral.

La météo ne s’est pas trompée, à l’approche des Saintes Maries de la Mer les 30 nds annoncés sont bien présent avec une mer qui blanchit sérieusement. Heureusement qu’il s’agit de Mistral, le flux venant de le terre ne génère pas de grosses vagues. Par contre les claques sont violentes et quand ça commence à calmer tout près de la Grande Motte nous sommes bien contents d’être passé au travers sans casse.

Dernière arrivée de nuit donc, nous nous faufilons entre les marques des filets des pêcheurs, le phare de l’Espiguette nous sert de guide, puis les feux d’entrée du port. Toujours une énorme satisfaction pour moi d’avoir ramené bateau et équipage à bon port.