Manœuvre de quai




Pour apprendre à manœuvrer à la voile dans un port, il faudra satisfaire à deux conditions : le faire dans un port qui l'autorise et dans un port où ce genre de manœuvres peut être répété sans risques de dégâts matériels.
Ce sont en effet, le plus souvent, les seuls risques que l'on court dans une manœuvre de port (un peu comme dans un parking, on risque surtout de rayer de la tôle ou d'emboutir des pare-chocs). Mais cela suffit à laisser de mauvais souvenirs ...

1 Choisir un emplacement

1.1 La préparation (rappel)

On reprendra ce qui a déjà été souligné, en insistant sur la nécessité de prévenir la capitainerie avant de s'engager dans le chenal d'approche. Pour ce qui est du bateau, on préparera avec soin les défenses. Pour ce qui est de la navigation, il faut se documenter précisément sur les installations du port, puis étudier l'état de la mer et du vent afin de préparer la manœuvre en fonction de cela.
Le principe de base est le suivant : se débrouiller pour accoster en mettant le bateau face à l'élément dominant (celui ci pouvant être soit le vent, soit le courant).

1.2 Types de ports :

Pour savoir comment évoluer dans un port, il faut en savoir deux ou trois choses :
Il y a un code de la navigation et des signaux de circulation dans les ports, comme sur les routes. Il faut les connaître, au même titre que les règles de priorité en mer, les balises et les signaux des bateaux. Cette connaissance est obligatoire pour le permis de navigation au moteur, qui n'est pas exigé des bateaux à voile, mais il ne faut pas pour autant l'ignorer.
Voici un aide-mémoire sur les signaux de circulation et les règles de priorité.

 

il y a des zones réservées dans lesquelles il n'est pas recommandé, voire même interdit à un plaisancier de manœuvrer. Il y a des zones dans les quelles on peut seulement passer sans s'attarder. On peut voir sur le plan en annexe de Port La Forêt ces différentes zones ...
 

 

1.2.1 L'avant porthaut de page

Dans la plupart des sites portuaires, il existe un espace abrité d'évolution avant d'entrer dans le port proprement dit : l'avant-port. Dans certains cas, un mouillage d'attente y est aménagé, sur tonne, sur coffre ou simplement sur ancre. Cela peut être nécessaire pour les bateaux qui arrivent à basse mer et ont trop de tirant d'eau pour entrer, ou simplement parce que le port est plein comme un œuf. Quelquefois, cet avant port suffit à abriter les bateaux de passage, comme à Lézardrieux, par exemple, ou au Palais (voir son plan en annexe).

 

Dans le cas du Palais, on voit que la moitié de l'espace d'évolution est réservé à la manœuvre du bac de Lorient. Ceci pour bien faire comprendre que l'avant-port est avant tout un lieu de passage, que l'on ne peut encombrer sans risque.

1.2.2 Le quai

C'est le type le plus classique d'installation portuaire. Son charme, c'est qu'il nous met souvent en contact direct avec la ville portuaire et son animation. Il est souvent très fréquenté par les bateaux, qui s'y trouvent souvent amarrés à couple.
1.2.2.1 À flot
Dans les ports de pêche ou de marchandise, ces quais en pierre sont souvent réservés aux professionnels. Une portion non négligeable en est réservée aussi aux vedettes, ferries et autres bacs de passagers. On y trouve rarement de la place pour le plaisancier de passage. Lorsque le bateau peut y rester amarré en permanence, il n'en est pas moins soumis aux effets de la marée. Son amarrage doit en tenir compte.
1.2.2.2Asséchant
C'est le cas le plus fréquent dans les zones à fort marnage. Il faut vérifier que le bateau peut se poser sans dommage sur le fond (s'informer sur la nature de ces fonds, qui doivent être plats et fermes pour ne pas abîmer la quille), et l'amarrer pour éviter qu'il aille s'écraser sur le mur du quai ou basculer de l'autre côté. Dans tous les cas, il faut être vigilant !

Voir en annexe le plan du port du Palais (à Belle-Ile) qui montre une partie asséchante et une partie à flot (avec écluse).

1.2.3 Le catway et ses variantes :

Ce type de port se généralise pour les plaisanciers. C'est l'installation qui présente le plus de commodité pour eux. Souvent, un port comprend des quais et des catways à la fois. Ces catways sont des pontons flottants, accrochés à des pieux ou amarrés à des dalles de béton par des chaînes (comme à Concarneau). . On trouve sur ces pontons des branchements d'eau et d'électricité. Les bateaux y sont amarrés en épi le long d'un petit ponton secondaire, qui est parfois assez instable. Certains emplacements sont signalés comme réservés aux visiteurs, mais la capitainerie peut aussi nous indiquer des emplacements de propriétaires qui ont été libérés temporairement: il faut avoir son autorisation pour les occuper. L'amarrage n'a pas à tenir compte de la marée, mais comme ces catways bougent facilement, cet amarrage doit être bien souqué.
1.2.3.1 La ligne de bouées (bateau perpendiculaire au quai ou au ponton)
A la place des petits pontons secondaires, pour permettre aux bateau de s'amatter perpendiculairement aux pontons flottants, des chaînes sont immergées parallèlement à ces pontons et des bouées attachées à ces chaînes permettent aux bateaux de s'y amarrer.Ce système existe aussi pour les bateaux amarrés perpendiculairement au quai en pierre.
1.2.3.2 La pendille
C'est un système qui ressemble à celui des bouées, sauf que le bateau ne doit pas s'amarrer à une bouée, mais remonter à la surface la chaîne qui repose au fond de l'eau et l'attacher au taquet sur le pont du bateau. On trouve ce système surtout en Méditerranée.
Tous ces systèmes doivent être connus à l'avance du plaisancier qui les aborde, afin qu'il prépare ses aussières et sa manœuvre en conséquence. S'il n'en a pas l'expérience, il faut bien s'y familiariser par un ou deux tours d'honneur et ne pas hésiter à demander le concours de la capitainerie, si on hésite encore. Il n'y a pas de honte à çà !

1.2.4 Le seuil et l'écluse

Dans les périmètres de navigation où l'amplitude de la marée est forte (en Bretagne, par exemple), des installations particulières empêchent les ports d'assécher. Les bateaux y restent constamment à flot. En contrepartie, ces ports sont inaccessibles aux bateaux qui veulent y entrer à marée basse. Deux types d'aménagements se présentent :
 

  1. le seuil : un mur d'une certaine hauteur empêche l'eau de refluer du port en général à partir de la fin de la deuxième heure après la pleine mer. On en trouve par exemple en baie de Saint Brieuc, à Dahouet, et à Lézardrieux aussi.
  2. l'écluse : un dispositif hydraulique qui ferme une porte (comme les écluses des canaux) à une heure déterminée de la marée descendante, et qui la ré ouvre à marée montante. C'est le cas à Paimpol.

Dans tous les cas, les heures d'accessibilité à ces ports sont inscrites dans les instructions nautiques, mais il est prudent d'appeler la capitainerie à la radio pour vérifier la validité de ces horaires.

 

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